Материал: Christian Lévêque, Jean-Claude Mounolou Biodiversité Dynamique biologique et conservation 2008

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6.6  

Maladies et changements climatiques

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également un vaccin produit par des levures ou par des cellules généti-
quement modifiées mises en culture. Dans le domaine végétal, le tabac
peut être génétiquement modifié pour produire de l’hémoglobine.

On envisage actuellement l’utilisation de virus bactériophages pour

lutter contre les bactéries qui deviennent résistantes aux antibiotiques,
ou de virus tueurs pour lutter contre les tumeurs cancéreuses.

6.6

MALADIES ET CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le réchauffement climatique va-t-il favoriser les maladies à vecteurs?
La question fait débat. Certains pensent effectivement que les nouvelles
conditions climatiques vont permettre à diverses espèces de vecteurs
ou de parasites d’étendre leurs aires de répartition en latitude et en alti-
tude. De fait, le moustique tigre se répand actuellement dans les pays
méditerranéens. Autant de signes qui semblent conforter cette hypo-
thèse. En matière de santé animale, selon les experts, seules quelques
maladies ont des chances importantes de profiter du changement clima-
tique: fièvre catarrhale ovine, fièvre du West Nile, leishmanioses,
leptospiroses. En Afrique de l’Ouest, on attribue l’expansion de la borré-
liose à tiques (due à des bactéries du genre Borrélia), à la sécheresse
du Sahel qui sévit depuis les années 1970. Cette maladie émergente qui
est responsable de fièvres récurrentes, était rare avant 1980. Elle est main-
tenant, après le paludisme, la cause la plus fréquente des consultations
dans les dispensaires.

D’autres scientifiques mettent néanmoins en avant le fait que l’expan-

sion des maladies dépend également des systèmes de santé dans les
pays concernés. Le paludisme existait en Europe au cours des siècles
précédent et il a été éradiqué par l’action conjuguée de l’assèchement
des marais et de l’utilisation d’antipaludéens. D’autre part, l’expansion
de certaines maladies résulterait en premier lieu de la mondialisation des
échanges qui favorise les transferts de parasites et de leurs vecteurs, et
non pas du climat. Maladies émergentes et invasions biologiques sont
deux phénomènes connectés. C’est le cas des épidémies dues au virus
West Nile par exemple. Il faut donc, dans ce domaine, éviter de généra-
liser et considérer les problèmes au cas par cas.

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C

hapitre 

7

Les ressources génétiques

et les biotechnologies

Les ressources génétiques sont un élément fondamental de la diversité
biologique. Elles permettent de maintenir ou de créer des systèmes de
production pour les espèces domestiques, et de modeler les espèces
cultivées selon différents besoins agricoles, industriels ou médicaux.

Les ressources génétiques font partie intégrante de l’arsenal techno-

logique et culturel des hommes. Comme la diversité biologique, elles
ont été partiellement érodées au cours des dernières décennies. En
effet, la Révolution verte des années 1960-1970 a favorisé des variétés
végétales à haut rendement, et a conduit à l’abandon de certaines
variétés locales.

Ressources génétiques, ressources biologiques

La Convention sur la diversité biologique définit les ressources
génétiques comme le matériel génétique d’origine végétale, animale
ou microbienne, contenant des unités fonctionnelles de l’hérédité
et ayant une valeur effective ou potentielle. Pour les animaux il
s’agit des populations sauvages, des races standardisées, des lignées
ou souches sélectionnées. Pour les végétaux, ce sont les variétés
cultivées anciennes ou modernes, les cultivars locaux, les formes
sauvages ou apparentées. Pour les microbes: les souches, les isolats,
les populations et les communautés microbiennes.

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7  •

  

Les ressources génétiques et les biotechnologies

7.1

LA DOMESTICATION DE LA NATURE:
UNE LONGUE HISTOIRE

Depuis l’émergence de l’espèce Homo sapiens, l’utilisation des ressour-
ces végétales et animales s’est faite au jour le jour et en accommodant
les aléas épidémiques ou climatiques. La maîtrise des outils et du feu a
augmenté l’efficacité de la cueillette, de la chasse et de la culture, et
favorisé les efforts de domestication. L’agriculture et les défrichements
ont été les grandes inventions des peuples néolithiques. De cette
époque datent l’élevage des bovins, des caprins, des ovins, des chiens
comme le choix raisonné des arbres à entretenir et des plantes à cultiver
et à améliorer.

En Europe de l’Ouest, l’Antiquité est une période où les conquêtes

romaines et l’expansion de la religion chrétienne amènent en pays
océanique des plantes et des techniques qui n’y existaient pas: travail

Le concept de ressources biologiques a été promu en 1998 par
l’OCDE. Ce sont les collections d’organismes cultivables (cellules
végétales, microbiennes ou animales), les éléments réplicables de
ces organismes (acides nucléiques, fragments de tissus), les orga-
nismes et tissus non encore réplicables, ainsi que les bases de
données concernant les informations moléculaires, physiologiques
et structurales relatives à ces collections. La bio-informatique
assure le stockage et la valorisation des informations utiles aux
biologistes.

À la fin du 

XVI

e

 siècle Olivier de Serres, dans son traité d’agri-

culture, prônait pour la France des pratiques de bon père de famille.
Il se souciait d’équilibrer les prélèvements et les exportations. Les
profits tirés de la culture devraient être partagés entre gains immé-
diats et investissements destinés à maintenir le potentiel de
production, la fertilité des sols et la diversité des ressources. L’auteur
mettait en garde contre une exploitation qui extrait du vivant un
profit comme le sel d’une mine et ne se préoccupe pas de fournir
à l’agrosystème les moyens et le temps de se reconstituer. Là,
réside en effet la spécificité remarquable de la vie qui est capable
de se reproduire et de tolérer des prélèvements à condition que
ceux-ci ne mettent pas en péril sa capacité de reconstruction.

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7.2  

Créer et sélectionner des espèces «utiles»

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du sol et contrôle de l’eau, cultures de céréales et de la vigne, élevage
des porcs, parcs pour le petit gibier (lapins), etc. Au Moyen Âge, pour
lutter contre les famines populaires, les moines poussent au défrichement
de la forêt, et les Croisés rapportent d’Orient de nombreuses plantes
inconnues (légumes et arbres fruitiers) et des animaux (les chats) que
nous considérons aujourd’hui comme autochtones. Le milieu naturel
change, les relations entre les hommes et le vivant sont plus complexes,
mais la croissance démographique et économique se poursuit.

Les grands voyages transocéaniques, les grandes explorations et la

colonisation, du 

XVI

e

 au 

XIX

e

 siècle, mettent l’Europe occidentale au

centre d’un système de mondialisation. De nouvelles espèces sont
introduites, dont certaines nous sont maintenant familières (maïs, pomme
de terre, tabac, tomate, etc.). Les transferts se font aussi vers les autres
continents. Le cheval revient en Amérique, accompagné par les moutons,
les bœufs, les moineaux, et un cortège de plantes, mais aussi par la variole
et la syphilis. La diversité biologique des grandes plaines américaines
en est bouleversée.

Les deux derniers siècles sont marqués par une emprise grandissante

des hommes sur la diversité biologique. Dans toutes les régions du
globe, les conquêtes coloniales, les cultures de rente et le commerce
international ont transformé la diversité biologique. Des crises écolo-
giques localisées sont apparues: déforestations, cultures industrielles,
introductions d’espèces invasives, etc. Cette évolution rapide a les carac-
téristiques  d’une course au trésor, impatiente de profits immédiats et
peu soucieuse du lendemain. Les succès sont accompagnés d’échecs
dont les conséquences peuvent se manifester sur le long terme. Les
extinctions d’espèces, les disparitions d’écosystèmes et de structures
sociales originales en sont les manifestations visibles et prévisibles.
Après avoir fait le tour de la planète les sociétés modernes constatent
maintenant que la diversité biologique n’est pas inépuisable.

7.2

CRÉER ET SÉLECTIONNER
DES ESPÈCES «UTILES»

L’acclimatation, la culture, l’entretien et l’élevage sont possibles grâce
à l’aptitude à la reproduction copie conforme des cellules vivantes, Les
techniques de clonage, micropropagation, bouturage, greffage, etc.,
exploitent ces propriétés et permettent la multiplication en principe
indéfinie (en tout cas suffisamment pour les besoins de l’agriculture et

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