Материал: Christian Lévêque, Jean-Claude Mounolou Biodiversité Dynamique biologique et conservation 2008

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Les aires protégées

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alors soustraire des pans entiers de nature à l’emprise de l’homme,
considéré comme le facteur principal de perturbation. Cet état d’esprit
qui avait présidé à la création en 1872 d’un des premiers parcs au

Figure 9.1    Répartition des parcs nationaux, des parcs naturels régionaux 

et des réserves de la biosphère, en France métropolitaine.

Parcs naturels régionaux (PNR)

Parcs nationaux (PN)

Camargue

Haut-

Languedoc

Pyrénées

catalanes

Grands-

Causses

P.N. des

Cévennes

Lubéron

Corse

P.N. du

Mercantour

Queyras

Vercors

P.N. des

Écrins

Chartreuse

P.N. de la

Vanoise

Massif

des Bauges

Morvan

Ballon

des Vosges

Vosges

du Nord

Lorraine

Montagne

de Reims

Forêt

d'Orient

Scarpe-Escaut

Brotonne

Marais du

Cotentin

et du Bessin

Normandie-

Maine

Armorique

Brière

Brenne

P.N. des

Pyrénées-

Occidentales

Volcans

Millevaches

d’Auvergne

Livradois-

Forez

Vallée de

Chevreuse

Vexin

Perche

M a n c h e

O C É A N

A T L A N T I Q U E

M e r   M é d i t e r r a n é e  

E S PA G N E

B E L G I Q U E

L U X .

A L L E M A G N E

S U I S S E

I T A L I E

R O Y A U M E - U N I

200 km

ANDORRE

Loire

Anjou

Landes de

Gascogne

Verdon

Gâtinais

Nord-

Pas de Calais

Réserves de la biosphère

Mer d’Iroise

Pays de

Fontainebleau

Mt.

Ventoux

Le Fango

P. N. Port-Cros

Pilat

Causses

du Quercy

Haut-

Jura

Avesnois

Oise

Périgord-

Limousin

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9  •

  

La conservation de la diversité biologique

monde, le parc national de Yellowstone aux États-Unis, a prévalu pendant
longtemps. Bien qu’il soit d’usage de la critiquer à l’heure actuelle,
cette démarche n’est pas complètement dénuée de bon sens quand elle
est pratiquée judicieusement.

La France a créé sept parcs nationaux en métropole entre 1950

et 1960 dont les seuls aménagements sont en principe les voies d’accès
conduisant à des lieux d’observation de la Nature. On voit dans le choix
des lieux (des zones de montagne) le souci d’éviter les espaces urbanisés.
Le tourisme qui se développe très rapidement pose actuellement
beaucoup de problèmes écologiques aux gestionnaires de ces parcs.

En 2007, deux autres parcs ont été créés dans les départements d’outre-

mer: le parc amazonien de Guyane et le parc national de la Réunion.
Le parc de Guyane, qui était en projet de puis 15 ans, a suscité nombre
de polémiques.

9.3.2 Protéger la Nature avec l’homme

La création d’aires protégées pose des problèmes sociaux lorsqu’elles
sont établies dans des zones habitées. Dans certains cas, il a fallu
déplacer les populations locales et leur interdire l’accès de zones qu’elles
utilisaient auparavant. Dans de telles circonstances elles ne sont guère
incitées à respecter une réglementation que les administrations respon-
sables de la gestion des parcs et réserves, notamment dans les pays en
développement, ont beaucoup de mal à faire appliquer, faute de moyens
suffisants. Cette situation conduit au braconnage et engendre parfois
de véritables conflits sociaux.

L’idée de la participation des populations locales à la conception et à

la gestion des aires protégées est maintenant mise en avant pour garantir
la pérennité des projets. Pour encourager ces populations à mieux
gérer la diversité biologique, il faut améliorer leur niveau de vie en
apportant des incitations économiques qui leur permettent de pratiquer
une conservation efficace. Certains projets intégrés de conservation et
de développement se fixent pour objectif de développer de nouvelles
activités économiques compatibles avec des activités de conservation.

Dans ce contexte, l’exemple des réserves de la biosphère (voir encadré)

est intéressant dans la mesure où il s’inscrit dans une dynamique inter-
nationale. La France compte dix réserves de la biosphère: la Camargue,
les Cévennes, Le Lubéron, les Vosges du Nord, le Mont Ventoux, le
Fango en Corse, le pays de Fontainebleau, la mer d’Iroise, les Tuamotu
et l’archipel de la Guadeloupe. Mais la politique nationale a aussi institué
des parc naturels régionaux conçus comme «lieux de rencontre de la

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Les aires protégées

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Nature et de la culture», entre citadins et ruraux. Régis par un décret de
1967, leur création et leur financement sont confiés aux régions. Depuis
1968, 27 parcs régionaux ont été créés en France, sur la base d’une
association entre communes autour d’une charte fixant les objectifs.

L’efficacité des actions de conservation basées sur les aires protégées

varie énormément dans le monde. Il est juste de dire que de nombreuses
régions soi-disant protégées ne le sont pas en réalité, en raison de
l’absence de personnel qualifié, de ressources financières, de connais-
sances écologiques suffisantes, ou de conflits d’usages locaux. En
conséquence elles sont toujours menacées par l’expansion agricole et
urbaine, ou le braconnage.

Les réserves de la biosphère

Le concept de réserve de biosphère a été proposé en 1974 par le
Programme sur l’homme et la biosphère (plus connu sous le nom
de MAB, Man and Biosphere) de l’UNESCO. Le réseau de réserves
de biosphère comprend actuellement plus de 480 sites répartis dans
plus de 100 pays. Elles sont conçues pour répondre à la question:
comment concilier la conservation de la diversité biologique et
des ressources biologiques avec leur utilisation durable? Chaque
réserve comprend en principe (1) une aire centrale très protégée,
(2) une zone tampon ou intermédiaire qui entoure et jouxte les
zones centrales où des activités humaines, telles l’éducation et
l’écotourisme, peuvent se développer si elles sont compatibles avec
des pratiques écologiquement viables, (3) une zone de transition
consacrée à des activités de développement qui peut comprendre
des habitats humains, des activités agricoles ou autres utilisations.

La Conférence de Séville (1995) a précisé le rôle de ces réserves
de biosphère pour le 

XXI

e

 siècle et tenté d’identifier leur rôle

spécifique (Stratégie de Séville):

• une fonction de conservation pour préserver les ressources

génétiques, les espèces, les écosystèmes, les paysages, ainsi
que la diversité culturelle;

• un lieu d’expérimentation pour la gestion des terres, l’aména-

gement du territoire et plus généralement la mise en œuvre de
modèles de développement durable;

• un support logistique pour soutenir des activités de recherche,

de formation, d’éducation, de surveillance continue.

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9  •

  

La conservation de la diversité biologique

9.3.3 Écologie de la réconciliation ou jardin planétaire?

La gestion de la biodiversité a évolué progressivement de la préservation
des espèces menacées dans des espaces peu anthropisés, à la restauration
des écosystèmes. Mais compte tenu de la pression démographique, et
de la difficulté de plus en plus grande d’avoir accès au foncier, on est
amené à rechercher d’autres voies. Comment concilier la gestion de la
biodiversité avec l’usage des territoires, que ce soit dans les milieux
urbains ou agricoles? Comment trouver les compromis qui permettraient
de réconcilier les intérêts économiques et la préservation de la bio-
diversité? Ou comment faire entrer la biodiversité dans l’économie de
marché pour la préserver? C’est cette perspective qui a été développée
par Rosenzweig en 2003 sous le nom de «win-win ecology» ou «écolo-
gie de la réconciliation». Un terme de plus qui recouvre en réalité des
pratiques diverses, dont certaines sont déjà anciennes.

L’idée de la ville excluant la Nature a vécu. Dans le «milieu urbain»,

au sens large, subsistent de nombreux espaces hébergeant une bio-
diversité «sauvage» souvent non négligeable. On reconnaît maintenant
l’importance de cette «Nature ordinaire» et des espaces plus ou moins
anthropisés qui l’abritent, tels que les parcs et jardins, les remblais, les
friches, etc. Sans compter que les systèmes urbains construits sont de
nouveaux écosystèmes pour les espèces. Elles peuvent s’adapter à ces
nouvelles conditions écologiques. Dans Paris, environ 1 500 espèces
animales et plus de 1200 espèces végétales ont été recensées en 2005.

La Nature existe dans la ville, notamment sous la forme d’une

«technonature» de parcs et jardins. Or les pratiques sont en train de
changer. On recrée de la Nature en ville en installant des mares sur des
bâches en plastique, en lieu et place de bacs à sable abandonnés. Ou en
créant des marais artificiels. Le gazon ras fait place aux herbes folles.
On tond partiellement les pelouses, et moins souvent, de manière à
laisser les plantes arriver à maturité. On réhabilite les orties et les ronces
afin de préserver des zones où les insectes peuvent se reproduire. On
bannit les pesticides, les désherbants et les engrais chimiques.

En milieu rural, diverses expériences ont été menées. La protection

des espèces et des milieux a d’ailleurs ses paradoxes: dans certains cas,
il est nécessaire de maintenir des activités humaines pour les protéger.
On va donc essayer d’inciter les agriculteurs à faire évoluer leurs pratiques
de manière à concilier protection de la biodiversité et activité agricole.
C’est le but de diverses mesures connues sous le nom de mesures agri-
environnementales (MAE) ou de Contrat d’agriculture durable (CAD,
depuis 2003) découlant de la réforme de la PAC en 1992. Des aides
financières sont prévues pour compenser les pertes de revenus ou les

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Les aires protégées

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surcoûts qui peuvent résulter de la mise en œuvre de pratiques compa-
tibles avec la protection de l’environnement: réduire l’utilisation
d’engrais et de pesticides; diminuer la charge du cheptel bovin ou ovin;
introduire ou maintenir l’agriculture biologique; pratiquer les fauches
durant les périodes plus favorables pour certaines espèces, etc. Cepen-
dant, le bilan de ces expériences est jusqu’ici mitigé. Les aides ne sont
pas toujours suffisantes par rapport aux incitations à intensifier la
production, ou elles sont détournées de leur objectif initial. Si certains
ont pu suggérer que les paysans pouvaient devenir des «jardiniers du
paysage», la profession a du mal à adhérer à cette perspective.

Le jardin planétaire est un autre concept développé par Gilles Clément

qui propose, lui aussi, de rapprocher gestion de la biodiversité et acti-
vités humaines. Dans un monde fini, la biosphère, on retrouve les
conditions d’un jardin. Le jardin, l’espace, le paysage n’est pas immuable.
Les plantes et les animaux se déplacent et transforment les lieux. Le
brassage planétaire de la biodiversité induit des concurrences entre
espèces mais aussi des «métissages», de nouveaux paysages, de
nouveaux comportements… L’homme, dans le rôle de jardinier, a le
choix de laisser faire la Nature ou d’intervenir. Le jardin planétaire est
une manière de reconsidérer l’écologie en intégrant l’homme.

9.3.4 L’Europe et la biodiversité: Natura 2000

Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites
protégés. Il a pour objectif de préserver la biodiversité, notamment
dans l’espace rural et forestier. Sa création s’inscrit dans la suite des
directives européennes «Oiseaux (1979)» et «Habitats (1992)». 

La Convention de Berne du Conseil de l’Europe (1979) sur la

conservation de la faune sauvage et des habitats naturels de l’Europe
entendait promouvoir la coopération entre États afin d’assurer la conser-
vation de la flore et de la faune sauvages et de leurs habitats naturels.
Une attention particulière était accordée aux espèces, y compris les
espèces migratrices, menacées d’extinction et vulnérables comme la
cigogne blanche, la grue cendrée ou le vautour fauve. Adoptée en 1979,
la directive «Oiseaux» fut un premier pas pour assurer la protection à
long terme et la gestion de toutes les espèces d’oiseaux vivant à l’état
sauvage sur le territoire communautaire et de leurs habitats. La direc-
tive «Oiseaux» a inspiré l’Union européenne pour sa directive de 1992
concernant la conservation des habitats naturels (ou directive Habitats).
Elle a pour objet d’assurer le maintien de la diversité biologique par la
conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore

Источник: https://files.student-it.ru/previewfile/14268