Материал: Christian Lévêque, Jean-Claude Mounolou Biodiversité Dynamique biologique et conservation 2008

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1.2  

Les multiples visages de la biodiversité

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mettent en avant le rôle fonctionnel de la diversité biologique dans le
fonctionnement des écosystèmes: rôle des insectes pollinisateurs, rôle
des zones humides dans l’épuration des eaux, etc.

Cependant, si ONG et conservationnistes sont prompts à dénoncer

l’action de l’homme, on se doit d’en rechercher les causes et les moyens
éventuels d’y remédier. La démographie entraîne presque automatique-
ment des besoins plus importants en terres et en ressources. Dont acte.
Mais deux autres facteurs ont également un poids considérable: la
pauvreté et la recherche du profit à court terme. Ainsi, les Nations
Unies ont bien identifié la lutte contre la pauvreté comme l’un des
objectifs du prochain millénaire. Ceux qui ont faim sont moins enclins
que d’autres à se préoccuper de la conservation des ressources naturelles.
Il reste à mettre en œuvre un tel projet! Quant au profit à court terme, il
est presque inhérent à l’économie libérale. De très nombreux exemples
montent que la biodiversité est menacée à tous les niveaux pour des
motifs qui relèvent au mieux de l’activité économique bien comprise,
que de la cupidité, du braconnage ou de la corruption… Des attitudes
qui ne nous sont pas inconnues, mais qui restent difficiles à maîtriser.
Sans compter que, de manière plus subtile, les subventions accordées à
certaines activités ont un effet tout aussi pervers. Et là, en théorie, on
pourrait agir!

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C

hapitre 

2

La diversité biologique :

un état des lieux

En dépit de l’attention qui est accordée à la diversité biologique depuis
une dizaine d’années par les médias et les scientifiques, nos connais-
sances ne permettent pas d’en dresser un état exhaustif, d’autant qu’elle
n’est pas distribuée de manière uniforme sur la Planète. Nous en avons
néanmoins une perception globale suffisante pour permettre de jeter
les bases d’une politique de conservation, conforme aux objectifs de la
Convention sur la diversité biologique.

2.1

LA CLASSIFICATION DU VIVANT 
ET SES PRINCIPES

La classification est une manière d’organiser l’information en regroupant
ce qui est similaire. On tente ainsi depuis des siècles de décrire, de
nommer, de classer, de compter les espèces, et il y a différentes façons
de le faire. En son temps, Aristote regroupait les humains et les oiseaux
parce qu’ils marchent sur deux jambes. Aujourd’hui, les classifications
sont basées sur le degré de similarité génétique entre individus et
regroupent les organismes en fonction de leurs parentés phylogénétiques.

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2  •

  

La diversité biologique : un état des lieux

2.1.1 Les niveaux d’organisation du monde vivant

Une des caractéristiques du monde vivant est sa structuration complexe
et hiérarchisée: les atomes s’organisent en cristaux (monde inanimé)
ou en molécules, et ces molécules s’organisent à leur tour en cellules
capables de se reproduire (monde vivant). Les cellules peuvent s’agréger
et coopérer pour constituer des organismes multicellulaires. Les indivi-
dus, unis ou pluricellulaires, s’organisent en populations et en commu-
nautés multispécifiques. Si l’on prend en compte le milieu dans lequel
vivent les organismes, on accède alors à des ensembles de plus en plus
complexes appelés écosystèmes, paysages et biosphère. Dans cette échelle
hiérarchique les éléments d’un niveau d’organisation constituent les
unités élémentaires qui vont entrer dans la constitution du niveau
d’organisation supérieur. À chaque étape, émergent des structures et
des propriétés nouvelles qui sont le résultat des interactions entre les
éléments du niveau inférieur.

L’unité élémentaire du monde vivant est l’individu, porteur d’un

patrimoine génétique propre. L’ensemble de ses gènes constitue son
génotype. Une bactérie contient environ 1 000 gènes, certains champi-
gnons de l’ordre de 10 000. Il y en a un peu plus de 20 000 à 25 000
chez l’homme.

L’espèce est l’ensemble des individus susceptibles d’échanges

génétiques fertiles et féconds (voir paragraphe 2.1.3) Une espèce est
souvent répartie en populations plus ou moins isolées qui peuvent, ou
non, échanger des individus et donc des informations génétiques. La
population correspond à l’ensemble des individus d’une même espèce
biologique habitant un même milieu. C’est à ce niveau d’organisation
que s’effectue la sélection naturelle. Des populations fragmentées inter-
actives sont des métapopulations.

La taxinomie est la discipline scientifique qui consiste à nommer,
décrire et classer les êtres vivants. Cette science, très formalisée,
obéit aux instructions de codes internationaux de nomenclature.
La systématique quant à elle a pour objectifs l’étude de la diver-
sité des organismes et la compréhension des relations entre les
organismes vivants et fossiles, c’est-à-dire leurs degrés de parenté.
Ce que l’on appelle actuellement biosystématique, est une approche
moderne de la systématique qui fait appel à des informations de
différentes origines: morphologie, génétique, biologie, comporte-
ment, écologie, etc.

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2.1  

La classification du vivant et ses principes

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Les ensembles d’espèces délimités le plus souvent sur des bases taxi-

nomiques constituent les peuplements ou les communautés. La biocénose
est l’ensemble des populations d’espèces animales et végétales qui vivent
dans un milieu donné.

Le terme écosystème a été introduit par Tansley en 1935 pour nommer

un système écologique qui combine l’ensemble des organismes vivants
et leur environnement physico-chimique. La Convention sur la diversité
biologique définit l’écosystème comme un «complexe dynamique formé
de communautés de plantes, d’animaux et de micro-organismes, et de
leur environnement non vivant qui, par leur interaction, forment une
unité fonctionnelle». Cette définition légale n’est pas différente sur le
fond de ce que l’on trouve dans les traités d’écologie.

La biosphère (sensu stricto) est l’ensemble des organismes vivants qui

peuplent la surface de la Terre. Néanmoins on définit aussi la biosphère
(sensu lato) comme la pellicule superficielle de la planète qui renferme
les êtres vivants, et dans laquelle la vie est possible en permanence. Cet
espace comprend ainsi la lithosphère (écorce terrestre), l’hydrosphère
(ensemble des océans et des eaux continentales), et l’atmosphère
(enveloppe gazeuse de la Terre).

2.1.2 Les hiérarchies taxinomiques: 

la recherche d’un ordre évolutif et fonctionnel 
dans la diversité des espèces

La classification consiste à reconnaître et à définir des groupes ou
taxons 

–

 c’est-à-dire un ensemble d’organismes possédant en commun

au moins un caractère particulier 

–

 et à les classer dans des ensembles

hiérarchisés. D’abord basée à la Renaissance sur l’idée d’une classifi-
cation descendante (division a priori de grandes classes en sous-classe),
la taxinomie a évolué vers une classification ascendante qui consiste à
regrouper des taxa apparentés en taxa d’ordre supérieur. La classifica-
tion du monde vivant postule que les espèces appartenant aux mêmes
taxa partagent un certain nombre de caractéristiques morphologiques,
biologiques et écologiques communes qui diffèrent de celles d’autres
taxa.

Les naturalistes du monde entier utilisent un même système de nomen-

clature générale proposé par Linné pour nommer et classer les espèces.
Dans cette classification biologique, à chaque rang de la hiérarchie
correspond un nom de taxon. À la base, le système binominal est consti-
tué d’un nom de genre suivi d’un nom d’espèce. Chacune des catégories
supra-spécifiques (genre, famille, ordre, division, classe, phylum, etc.)

Источник: https://files.student-it.ru/previewfile/14268